Soyez un peu attentif à ce qui se prépare ce soir au théâtre de l'Odéon. Un avant-goût nous est proposé par la radio franco-russe "France Culture", dont la Directrice animera le spectacle à partir de 20 h.
Petit rappel des faits.
Oleg (Oleh) Sentsov a été kidnappé par l'occupant russe pour avoir protesté contre l’Anschluss d'une partie du territoire oukraïnien (la presqu'île de la Crimée). Kidnappé, torturé, "jugé" et "condamné" à 20 ans de camps. Avec lui, dans la même affaire, furent "condamnés" quelques autres personnes, dont l'anarchiste Alexander (Oleksandre) Koltchenko. La "justice russe" prétendait juger un groupe terroriste d'extrême-droite oukraïnien : le "groupe Sentsov".
Oleksandre Koltchenko n'a jamais renié ses opinions anarchistes, mais la réalité de la guerre l'a obligée à devenir un patriote oukraïnien. De même Oleh Sentsov. Quelles qu'ait été vos opinions avant l'occupation, après l'occupation vous n'avez de choix qu'entre collaboration et patriotisme. Tertium non datur. Or "patriote" est précisément le contraire de "dissident"...
Kiril Serebrienikov était un metteur russe choyé par le pouvoir, un "bouffon du roi" parmi tant d'autres Russes méprisables. Lorsque la Russie a envahi l'Oukraïne, il a applaudi des deux mains : "Krym Nach*", criait-il, "hourra ! Vive Poutine le rassembleur des terres russes !"... Aujourd'hui il a quelques problèmes avec la "justice russe". Personnellement cela ne me fait pas plaisir : cela m'est totalement indifférent. On le dit "dissident" au régime de Poutine - peut-être. Le mot a servi à mal nommer le mouvement pour les droits de l'homme en URSS. Il a permis aux "intellectuels français" de croire que leur pensée était universelle. Aujourd'hui il permet aux "philosophes français" de faire l'amalgame entre un héros oukraïnien et celui qui hier lui chiait dessus, le dissident russe Serebrenikov.
* "La Crimée est à nous"
P.S. Le spectacle est payant : 6 ou 10 euros. Les cautions oukraïniennes seront Andreï Kourkov "Vmiesto" et le philosphe Volodymyr Yermolenko-Ogarkov. La sublime Mariana Sadovska est, à l’évidence, utilisée à son insu.
